Les châteaux de Gramont : Témoins de l'histoire de France

 

L’histoire des seigneurs de Gramont est liée à la vallée basse de la Bidouze, affluent de l’Adour. « L’accroissement de leur puissance correspond au renforcement de leur implantation tout au long de la vallée jusqu’au confluent de l’Adour, puis jusqu’à Bayonne, après le départ des Plantagenêts(1) » , rois d’Angleterre.

Tout commença avec Bergon 1er-Garcia de Gramont, second fils du vicomte de Dax Gracie-Arnaud. Il reçut en cadeau de mariage de son père vers 1040 les baronnies de Gramont, de Bergouey et de Garris qui dépendaient alors du Duc d’Aquitaine. « Les premiers seigneurs de Gramont étaient aux confins de la Basse-Navarre et de la Gascogne, les protecteurs-nés de la route de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, garantissant en principe la sécurité des pèlerins. Au service de la route, ils en étaient cependant les agresseurs occasionnels.


Ils furent conduits à s’établir en des points stratégiques dominant le pays, édifiant dès l’origine des châteaux à Gramont et à Bergouey, acquérant ceux de Came […] et de Guiche […] de façon définitive en 1534 et surtout en construisant Bidache au centre de leur territoire »(2) .

 

 Dès le 11ème siècle, les premiers seigneurs de Gramont surent tirer les avantages de la position géographique et stratégique de la région de Bidache, aux limites de l’Aquitaine (tantôt française, tantôt anglaise), de la Navarre et du Béarn. « Grâce à des alliances stratégiques adaptées à l’évolution historique complexe de ces territoires, héritage (au 12ème siècle) de la duchesse Aliénor d’Aquitaine (qui deviendra reine de France par mariage avec Louis VII puis reine d’Angleterre par mariage avec Henri II d’Angleterre), les Gramont parvinrent à affirmer progressivement leur puissance »(3)  par la possession d’un Duché-pairie (les ducs et pairs sont l'une des dignités les plus élevées dans la noblesse, juste après les princes du sang) englobant une dizaine de paroisses, jusqu’à pouvoir faire reconnaître cinq siècles plus tard (16ème siècle) l’indépendance de Bidache, au centre leur territoire. Cette souveraineté fut officiellement reconnue par lettre patente (décision royale exprimant la volonté du roi en tant que législateur, sous forme de lettre ouverte) d’Anne d’Autriche en 1648.

 

Par cette souveraineté correspondant aux limites actuelles de Bidache, les seigneurs de Gramont accèdent alors par exemple aux droits de législation et de justice, au droit de lever les impôts mais aussi aux droits d’asile. Bidache devient ainsi une terre d’accueil des « indésirables »(4) , repris de justice, malfaiteurs et prostituées. Malgré cette indépendance, « les Gramont restèrent toujours de fidèles vassaux du roi de France pour leurs nombreuses autres possessions en Navarre, Béarn, Guyenne, ou Gascogne »(5) .

 

Les châteaux de Bidache et de Guiche témoignent ainsi des liens étroits entre l’Histoire des Gramont et celle de France.

 

 (1)L’Architecture du château de Bidache, Extrait du Bulletin de la Société des Sciences Lettres et Arts de Bayonne n°137 et 138, 1981-1982, page 109
 (2)Ibid., pages 109-110
 (3)Quand les Bidachots racontent…Bidache, Association Bidache Culture et Cie, Editions Bidache Culture, 2010, page 9
 (4)Des travaux et des jours en piémont pyrénéen, Jean Robert, Editions du centre, 1984
 (5)Quand les Bidachots racontent…Bidache, Association Bidache Culture et Cie, Editions Bidache Culture, 2010, page 41