Le château de Bidache

 

Les ruines actuelles du château de Bidache retracent 6 siècles de construction : on entre par une porte « récente » du 18ème siècle pour terminer dans la cour nord devant le donjon médiéval, élément le plus ancien du château.

 

« Le château de Bidache serait formé de plusieurs éléments qui, dans une juxtaposition et parfois une imbrication complexe, appartiendraient à plusieurs périodes : le 15ème, le 16ème, le 17ème et enfin le 18ème siècles »(1) . Il faut ajouter à cela des modifications et restaurations du 19ème siècle, et après des découvertes et analyses dans les années 80, le 14ème si ce n’est le 13ème siècles.

 

 

 

« Le caractère du château de Bidache apparaît donc extrêmement composite. Les murs subsistants appartiennent à 4 périodes principales, elles-mêmes subdivisées en plusieurs époques de construction »(2)  :

Château de Bidache

 

  • Le moyen-âge (principalement le 15ème siècle) : « Le château médiéval de Bidache a été presque totalement ruiné en 1523 lors de son siège et de son incendie par les troupes du prince d’Orange […]. La grosse tour ronde au nord-ouest (ou donjon) et les deux tours de l’ouvrage d’entrée sont les seuls vestiges importants quoique très modifiés qui subsistent du château médiéval» (3).
     
  • Le 16ème siècle : le château médiéval incendié laisse la place au château Renaissance : c’est un décor discret de style classique aux lignes simples, sobres, symétriques et géométriques, sur une structure encore médiévale. Gabriel Bourgoing sera le premier architecte du château cité dans un texte de 1539 (il n’existe pas d’écrits sur les précédents architectes). Les éléments du 16ème siècle encore debout sont essentiellement le corps de bâtiment en équerre, appelé « logis principal » qui se situe entre les deux cours intérieure et nord et qui rejoint le donjon, et des fortifications extérieures qui s’étendent au sud-ouest (visibles depuis la route qui longe le château) et les premiers remaniements du front sud (côté porte d’entrée /village).
     
  • Le 17ème siècle : c’est un ingénieur du roi, Louis de Milhet qui travaille au château, le même qui dessinera plus tard les plans des fortifications de Bayonne. Il conduira les travaux de la cour d’honneur « théâtrale »(4) , ordonnée et colorée de pierres et de briques imbriquées, aux influences françaises, italiennes et hispaniques. Seront effectués d’autres remaniements du front sud avec le grand pavillon du Maréchal (à droite de la porte d’entrée) ; le pavillon de l’Impériale près du donjon (visible également depuis la route qui longe le château) ; la porte de l’ancienne chapelle permettant d’entrer directement au rez-de-chaussée du donjon ; le « Jarzin » (à droite de la longue esplanade) qui englobe l’orangerie et la maison du jardinier. A disparu le grand escalier que le cardinal Mazarin décrira ainsi : « l’aspect d’un escalier des plus beaux qui soyent en France » (5). Le donjon médiéval, lui sera « très modifié »(6)  à cette époque.
     
  • Le 18ème siècle : la porte principale du château est la dernière réalisation des Gramont à Bidache qui, habitant à Paris, se désintéressent totalement alors de leurs lointaines propriétés. La datation de la porte est délicate mais semblerait conduire au tout début du 18ème siècle. On distingue un arc monumental qui s’inspire de la tradition classique française. Cet arc « témoigne d’un soin extrême apporté à l’exécution et montre un équilibre dans les proportions, une régularité dans les formes qui sont la marque d’un artiste de l’étoffe de ceux qui travaillaient pour les bâtiments du roi » . Il supporte un tympan avec ses armoiries et un large fronton triangulaire sur lequel sont sculptées deux figures à demi-couchées.

 

 (1) L’Architecture du château de Bidache, Extrait du Bulletin de la Société des Sciences Lettres et Arts de Bayonne n°137 et 138, 1981-1982, pages 110-111
 (2)Ibid., pages 110-111
 (3)Ibid., page 112
 (4)Ibid., page 121

 (5)Ibid., page 149
 (6)Ibid., page 152