Des résidences seigneuriales séculaires

 

La première résidence de la famille de Gramont

 

Au 11ème siècle, les seigneurs de Gramont bâtissent à Viellenave-sur-Bidouze (aujourd’hui Bergouey-Viellenave) une forteresse sur la butte de la Moulary, portant le nom d’Agramont (Acris Mons en latin, mont aigu en français) dont ils prirent le nom. Dans la première moitié du 13ème siècle, ce château fut pris par le roi de Navarre, puis par les troupes du roi d’Angleterre. Les Gramont décidèrent alors de venir s’établir à Bidache.

 

 

 

 

 

 

 

Le déménagement forcé à Bidache


Imposant et monumental à la hauteur de la puissance des seigneurs de Gramont, le château de Bidache voit ses premières pierres posées entre la fin du 13ème siècle et le début du 14ème siècle. Dominant la vallée de la Bidouze, il ne reste plus du château médiéval que l’imposant donjon, appelé rondache.

En effet, pendant des siècles, le château fera l’objet de plusieurs attaques et incendies dont la terrible prise d’assaut de 1523 dirigée par Charles Quint sous les ordres de Guillaume d’Orange. Durant cette attaque, trois cents défenseurs préférèrent « périr dans les flammes, exceptés quelques uns qui, se précipitant du haut des murailles, estimèrent mieux mourir percés par des piques au bout desquelles l’ennemi les attendaient ».

 

Très vite le château fut reconstruit, chaque génération des seigneurs de Gramont y apportant des embellissements. Château de défense jusqu’au 16ème siècle, il sera transformé en résidence de villégiature au XVIIème siècle. Un ensemble architectural est ainsi créé au-devant du château, des jardins sont aménagés puis un portail d’entrée décoré d’un fronton et des armoiries des Gramont est élevé. Les styles Renaissance, Henri IV et Classique s’y côtoient dans un ensemble majestueux. Il faut imaginer les jardins en terrasses, embellis de fontaines et de leurs jets, avec une allée ombragée qui conduisait jusqu’à l’embarcadère sur la Bidouze.

 

La splendeur du château de Bidache était réputée dans tout le royaume. Les Gramont, à la tête au 16ème siècle de 2000 Navarrais portant béret rouge, y accueillirent fastueusement Antoine de Bourbon (duc de Vendôme et époux de la reine de Navarre Jeanne d’Albret, mère du futur Henri IV), Catherine de Médicis et son fils Charles IX. Le cardinal Mazarin, premier ministre de Louis XIV, y séjourna avant de signer le fameux Traité des Pyrénées qui formalisa en 1659 une paix conclue entre l'Espagne et la France.

 

Durant le 17ème siècle, Antoine III de Gramont, Maréchal de France, Ministre d’état, ambassadeur du roi à Francfort et à Madrid, sera le dernier souverain de Bidache à revenir fréquemment dans sa principauté et à y être enterré. A la fin du siècle, ses successeurs, attirés par Versailles, délaisseront Bidache pour d’autres résidences à la Cour de France.

 

En 1793, le château fut réquisitionné pour le convertir en hôpital. Inhabité, un incendie accidentel le ravagea complètement en 1796. Malgré plusieurs projets, il ne fut jamais reconstruit.

 

 

 

 

 

 

Le château de Guiche


Le château de Guiche apparaît pour la première fois dans les textes à la fin du 11ème siècle. Il passe alternativement des Albret aux Gramont, pour définitivement devenir un fief des Gramont dans la première moitié du 16ème siècle. Le fils aîné des Gramont obtint le privilège de porter le titre de comte, puis duc de Guiche.

 

Dominant les plaines de la Bidouze et de l’Adour, la position élevée du château et ses murs d’une épaisseur considérable résistant aux flammes et aux injures du temps, devaient en faire autrefois une place de guerre forte. En 1523, il fut pris et dévasté par Velasco, en même temps que le château de Bidache.

 

Il sera reconstruit au 16ème siècle par Corisande d’Andoins, comtesse de Guiche et belle-fille de Gramont, revêtant la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Corisande d’Andoins, maîtresse et égérie du futur Henri IV, aida le roi de Navarre à conquérir le trône de France en lui envoyant 24 000 Gascons et Béarnais armés. Henri IV la remerciera en lui faisant hommage de 24 drapeaux pris à l’ennemi après la bataille de Coutras à la fin du 16ème siècle.

 

Le château sera abandonné au 18ème siècle bien que restant la propriété des Gramont.

 

Un voyage architectural à travers les siècles

 

Les châteaux de Bidache et de Guiche sont classés Monuments Historiques respectivement depuis 1942 et depuis 2007 tel que le prévoit la loi de 1913 : « les immeubles dont la conservation présente, au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt public, sont classés comme monuments historiques en totalité ou en partie » (1).

 

L’intérêt public du point de vue historique de ces châteaux provient clairement de la puissance des seigneurs de Gramont qui les amena jusqu’à la Cour de France. L’Histoire du Pays de Bidache, dont les châteaux sont les témoins, est fortement liée à l’Histoire de France.

 

D’un point de vue artistique, les châteaux de Bidache et de Guiche présentent un caractère architectural remarquable.

 

 (1) Loi du 31 décembre 1913 sur les Monuments Historiques, http://www.culture.gouv.fr/culture/infos-pratiques/droit-culture/patrimo..., 2011